Maladie grave, intervention chirurgicale programmée, grossesse : l’arrêt du tabac est parfois une nécessité absolue. Il existe des méthodes pour aller vite. Encore faut-il que la motivation soit au rendez-vous.
" Un jour, mon cardiologue m’a mis le marché en main : soit j’arrêtais immédiatement, soit je pouvais songer à réserver mon emplacement au cimetière, se souvient Robert, 74 ans. J’ai arrêté ! Grâce aux patchs et aux conseils d’un tabacologue. J’ai connu un premier mois difficile. Puis tout est rentré dans l’ordre et la sensation de manque a disparu. Si j’avais fait ça dix ans plus tôt, je n’aurais pas été malade… et j’aurais pu me payer plusieurs séjours aux Maldives ! "
Cancer, problèmes cardiaques aigus, difficultés respiratoires : les pathologies qui imposent l’arrêt du tabac sont nombreuses et variées. Il en est de même dès qu’une intervention chirurgicale est programmée. " Il y a aussi le cas des femmes enceintes, souligne Charles Brahmy, pneumologue-tabacologue à l'hôpital de l’Hôtel-Dieu, à Paris. Elles savent que cesser de fumer est une nécessité pour la santé de leur futur bébé. "
Trois types de fumeurs
Quand on n’a plus le choix et qu’il faut aller vite, que peut-on faire ? Le Dr Brahmy distingue trois types de fumeurs. Primo, ceux qui refusent de cesser de fumer et ne veulent pas entendre parler des conséquences. " Pour ceux-là, il n’y a rien à faire d’autre que d’attendre qu’une aggravation éventuelle les fasse réagir ! ", déplore ce médecin.
Secundo, ceux qui décident d’arrêter du jour au lendemain en apprenant leur état. " La mauvaise nouvelle est le facteur motivant déclencheur qui leur manquait, remarque-t-il. On les prend en charge de manière classique, en utilisant des substituts nicotiniques ou autres thérapeutiques sur prescription médicale. "
Tertio, ceux qui intègrent la nécessité d’arrêter mais qui n’en ont pas envie. " C’est la situation la plus fréquente, précise le spécialiste. Je leur propose de réduire le tabac progressivement, en établissant un programme à la carte. Cela peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois… "
Quand la santé revient, l’envie aussi
Charles Brahmy résume : " La réalité est un peu brutale, mais c’est ainsi : on ne peut pas contraindre un fumeur qui ne le souhaite pas à cesser de fumer du jour au lendemain. Et il n’existe pas de méthode miracle permettant d’arrêter le tabac ! Sinon, vous pensez bien qu’on l’utiliserait pour tout le monde. Ce qui fait la différence, c’est toujours la motivation ! " En précisant : " A partir du moment où cette motivation existe, il est toujours possible d’accompagner un fumeur vers l’arrêt total. Même s’il s’agit d’une personne qui grille deux paquets par jour depuis quarante ans ! "
Le Dr Brahmy insiste sur l’importance de " ne pas reprendre lorsqu’on a réussi à arrêter ". Il prévient : " Cela est particulièrement vrai pour les personnes malades. Lorsque la santé s’améliore, l’envie de fumer revient. C’est l’un des signes de guérison. Et souvent, les conséquences d’une rechute sont catastrophiques ! "
Aider une personne malade ou une femme enceinte à renoncer au tabac n’est pas tout. " C’est pour cela que j’accompagne mes patients longtemps après l’arrêt, conclut le pneumologue. Pour être efficace, une prise en charge globale s’impose ! "
Cédric Portal - ANPM
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Le Dr Brahmy intervient sur le site Internet du programme Priorité santé mutualiste. Vous pouvez accéder à son blog grâce à votre identifiant.